Quelle place pour l’environnement dans le monde ?

Les questions environnementales occupent une place de plus en plus grande dans les enjeux politiques et économiques des États et des entreprises. L’opinion publique est, elle aussi, plus sensible aux enjeux climatiques. Pourtant, malgré les nombreuses alertes climatiques émanant de diverses organisations et personnalités, les décideurs politiques tardent souvent à mettre en place des mesures significatives dans ce domaine.

Les pays ont-ils réellement pris la mesure des enjeux ? S’impliquent-ils suffisamment au regard de leur situation environnementale ?

Nous tâchons ici de fournir un élément de réponse par la création d’un indice d’implication politique en faveur de l’environnement, pondéré par la situation environnementale des pays. Cela permet ainsi de comparer le niveau d’engagement des pays les uns par rapport aux autres, mais également par rapport à leur propre situation environnementale.

L’indicateur d’implication politique illustre le positionnement politique et l’existence de pratiques préservant l’environnement au sein des différents pays. Il est notamment fondé sur la position des pays vis-à-vis de l’accord de Paris sur le climat, la place de l’énergie non fossile dans la consommation du pays et la part des réserves naturelles protégées sur le territoire.

Nous l’avons pondéré par un indice de situation environnementale, qui exprime l’état de l’écosystème et de l’environnement dans un pays donné, par rapport aux autres pays. Il prend en compte des facteurs tels que la qualité de l’air et de l’eau, la biodiversité, les ressources naturelles, l’empreinte écologique de la population ou encore la croissance de la population. Cette pondération permet notamment de marquer l’écart entre les pays dont l’implication est moyenne et la situation satisfaisante, et les pays dont l’implication est également moyenne, mais dont la situation est critique.

La situation économique, un facteur clé

Ainsi, plus de la moitié des 173 pays de notre échantillon est faiblement ou très faiblement impliqué pour l’environnement au regard de sa situation environnementale, alors que 24 seulement – dont la France – sont beaucoup plus impliqués que les autres. Cela illustre combien cet enjeu n’est pas encore une priorité, en particulier dans des pays où la majeure partie de la population est pauvre et en difficulté. À l’inverse, les pays le plus développés disposent de plus de facilité à s’engager (quoique lentement) dans cette voie.

Notons également que le phénomène de surpopulation de certains territoires a un impact négatif inévitable sur la situation environnementale : étalement urbain, forte consommation d’énergie, demande importante de biens de consommation, concentration des industries, utilisation massive de la voiture, etc. Cela explique en partie que les pays abritant les plus grandes villes et les populations les plus importantes aient un indice faible à très faible (Chine, États-Unis, Inde, Indonésie, Japon…).

Les limites de l’indice

Comme tout indice, celui que nous proposons comporte des limites : le Brésil, malgré ses deux cents millions d’habitants et les menaces qui pèse sur la forêt amazonienne a une implication « très forte » en faveur de l’environnement. Cela s’explique par la vitalité de son écosystème et l’état de sa biodiversité, encore préservés malgré les grandes déforestations que connaît le territoire. De plus, le pays s’est engagé dans des initiatives telles que les accords de Paris, à l’inverse des États-Unis qui s’en sont retirés.

De même, il peut sembler surprenant de constater que plusieurs pays en développement, dont certains connaissent de graves crises politiques et économiques, figurent parmi les plus impliqués. Les raisons à cela sont les mêmes que celles qui placent le Brésil parmi les premiers : l’importance de la biodiversité et de l’écosystème. D’autres facteurs propres à quelques-uns de ces pays s’ajoutent à cela pour les propulser aux premiers rangs. Ainsi le Paraguay présente-t-il une production hydroélectrique considérable. Quant au Venezuela, à la République du Congo et à la Zambie, tous trois ont classé plus de 35 % de leur territoire en réserves naturelles protégées.